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Les métiers de la
justice administrative

Les métiers de la
justice
administrative

Au Conseil d’État, dans les tribunaux administratifs et dans les cours administratives d’appel, ils et elles garantissent le respect du droit. Découvrez les différents métiers de la justice administrative et les missions de chacun et chacune.

Qui protège vos droits et le droit ?

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Qui protège vos droits et le droit ?

Qui protège vos droits et le droit ?

« Le juge administratif assure
le respect de l’État de droit »

Avec MAUD VIALETTES, présidente de la 4e chambre de la section du contentieux du Conseil d’État.

Trancher les litiges opposant les administrations aux citoyens : c’est le rôle des juges administratifs. Comment veillent-ils au respect du droit et de nos libertés par leurs décisions ? Rencontre avec l’une d’entre eux : Maud Vialettes.

Quel rôle le juge administratif joue-t-il dans la vie des citoyens et dans notre société ?

Le juge administratif est présent dans tous les pans de la vie des citoyens : l’école, la santé, l’emploi, le logement, les transports, l’environnement, la sécurité… Dans tous ces domaines et dans d’autres encore, il veille, quand il est saisi d’un litige, à ce que les décisions de l’administration soient conformes à la loi et à l’intérêt général. Il peut s’agir de litiges qui concernent un cercle restreint de citoyens : telle école peut-elle refuser d’admettre en école maternelle un enfant de moins de trois ans ? Ou de litiges qui ont une résonnance plus générale : le Gouvernement peut-il imposer aux citoyens de réaliser certaines démarches administratives par Internet ? L’intervention du juge administratif assure l’État de droit : elle permet que les règles s’appliquent à tous, même aux administrations et aux pouvoirs publics.

Comment construisez-vous vos décisions ?

Sauf exception, nos décisions sont collégiales. Elles résultent d’abord d’un travail d’analyse préalable, mené par plusieurs juges : nous étudions les arguments écrits des citoyens et de l’administration à la lumière de la législation, de la jurisprudence, voire de rapports officiels ou de travaux scientifiques. Il nous arrive aussi d’organiser des séances orales d’instruction pour entendre les parties et mieux comprendre les enjeux d’un litige. Car il faut toujours appréhender le droit en tenant compte de la réalité.

Lors de l’audience, nous écoutons les conclusions du rapporteur public et les avocats. Vient ensuite le délibéré : nous sommes alors, en règle générale, trois à neuf juges administratifs et nous débattons ensemble de la solution à apporter au litige. Cet échange aboutit parfois à une tout autre solution que celle qui avait été envisagée de prime abord ! À l’issue de ce délibéré, nous rendons notre décision.

Lors de l’audience, les juges écoutent le rapporteur public et les avocats des citoyens.

À quoi ressemble votre quotidien au Conseil d’État ?

C’est tout sauf monotone ! Dans une même semaine, je peux étudier successivement des dossiers sur l’accès des étudiants à la deuxième année des études de médecine, sur le salaire minimal des salariés de la branche de la grande distribution ou encore sur une sanction infligée à un fonctionnaire. La polyvalence, c’est une des spécificités du juge administratif : nous devons être capables de passer d’un sujet à l’autre, de les saisir dans leur technicité, tout en gardant à l’esprit leurs implications concrètes.

Ensuite, parce que mes journées sont rythmées par une alternance de travail individuel et de travail collectif : pour l’instruction des dossiers avec les greffiers de ma chambre et pour la préparation, avec mes collègues, des affaires portées à l’audience. Enfin, chaque semaine est scandée par les audiences. C’est toujours un moment très important dans mes semaines.

« La polyvalence est une des spécificités du juge administratif : nous devons être capables de passer d’un sujet à l’autre, dans leur technicité, tout en gardant à l’esprit leurs implications concrètes. »

Quelles sont pour vous les plus grandes qualités d’un juge administratif ?

Je serais bien en peine de tracer le portrait type du juge idéal ! Car il n’y en a pas un seul. La pluralité des profils de juges administratifs est ce qui fait l’identité et la force de la justice administrative. Nous partageons cependant des exigences communes : une grande rigueur d’analyse et de raisonnement, une conscience aiguë des devoirs qui découlent de nos responsabilités de juge, mais aussi des limites de notre office au regard des prérogatives du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif, et, bien entendu, une déontologie chevillée au corps.

Je crois, mais c’est une vision plus personnelle, qu’un bon juge administratif sait écouter, dialoguer et être pédagogue : avec ses pairs mais aussi avec les justiciables. Je pense aussi que c’est un juge qui sait douter, ne pas s’arrêter à ses premières impressions, accepter la contradiction et s’en enrichir, mais qui, pour autant, à la fin, n’a pas peur de trancher dans le sens qui lui paraît le plus juste. Enfin, je suis intimement convaincue que le juge ne doit pas être coupé du réel. Il doit porter une attention particulière aux équilibres et aux évolutions de la société. Sa boussole, c’est l’intérêt général.

En tant que magistrate au tribunal administratif, ma mission est de rendre la justice. Nous intervenons en premier ressort : concrètement, c’est à nous que va s’adresser un citoyen s’il a un litige avec une administration. Notre rôle est d’apporter une solution par le droit lorsque les parties n’arrivent plus à discuter. Tous ne peuvent pas être satisfaits, mais c’est une étape essentielle pour pacifier la société et garantir l’État de droit. Le magistrat est un juge de proximité. Tout d’abord parce que les matières qu’il traite affectent le quotidien des citoyens : travaux d’urbanisme, impôt sur le revenu, responsabilité d’un hôpital… Mais aussi parce qu’on peut le saisir facilement, grâce à Télérecours, et sans avocat dans la plupart des cas. Pour autant, le langage et le raisonnement juridiques peuvent sembler obscurs aux citoyens. Lors des audiences, tout en m’adressant aux juges, je cherche à expliciter aux citoyens le droit qui s’applique à leur situation, surtout quand ils n’ont pas d’avocat. Mon objectif est qu’ils comprennent mieux la décision qui sera finalement prise par les juges.

«Accompagner les citoyens à chaque étape de leurs recours »

DAVID DUBOST

Greffier en chef au tribunal administratif de Caen

Le rôle du greffe, c’est d’accompagner les recours des citoyens, du dépôt à l’accueil du tribunal ou via Internet, jusqu’au jugement. À chaque étape, il garantit la solidité de la procédure. Nous aidons tout d’abord les citoyens à formaliser leurs demandes, à inclure toutes les pièces nécessaires pour que leurs recours soient complets et qu’ils ne soient pas rejetés dès cette première étape. Par cet appui purement formel, nous faisons gagner du temps à tout le monde : nous n’intervenons pas sur les questions juridiques mais nous permettons au débat de se concentrer sur le fond. Et lorsque c’est possible, nous suggérons la médiation, moins longue et parfois plus adaptée qu’un procès. Au cours de l’instruction et jusqu’à l’audience, les greffiers font vivre le principe du contradictoire : ils appuient les magistrats pour assurer la circulation des arguments entre les citoyens et les administrations mises en cause. Enfin, nous jouons un rôle d’information essentiel pour les citoyens : à l’issue d’un jugement, nous leur indiquons comment contester la décision s’ils l’estiment injuste.

« Le magistrat est un juge de proximité »

CHEFFI BRENNER ADANLETE

«Accompagner les citoyens à chaque étape de leurs recours »

DAVID DUBOST

Greffier en chef au tribunal administratif de Caen

« Le magistrat est un juge de proximité »

CHEFFI BRENNER ADANLETE
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En tant que magistrate au tribunal administratif, ma mission est de rendre la justice. Nous intervenons en premier ressort : concrètement, c’est à nous que va s’adresser un citoyen s’il a un litige avec une administration. Notre rôle est d’apporter une solution par le droit lorsque les parties n’arrivent plus à discuter. Tous ne peuvent pas être satisfaits, mais c’est une étape essentielle pour pacifier la société et garantir l’État de droit. Le magistrat est un juge de proximité. Tout d’abord parce que les matières qu’il traite affectent le quotidien des citoyens : travaux d’urbanisme, impôt sur le revenu, responsabilité d’un hôpital… Mais aussi parce qu’on peut le saisir facilement, grâce à Télérecours, et sans avocat dans la plupart des cas. Pour autant, le langage et le raisonnement juridiques peuvent sembler obscurs aux citoyens. Lors des audiences, tout en m’adressant aux juges, je cherche à expliciter aux citoyens le droit qui s’applique à leur situation, surtout quand ils n’ont pas d’avocat. Mon objectif est qu’ils comprennent mieux la décision qui sera finalement prise par les juges.

Le rôle du greffe, c’est d’accompagner les recours des citoyens, du dépôt à l’accueil du tribunal ou via Internet, jusqu’au jugement. À chaque étape, il garantit la solidité de la procédure. Nous aidons tout d’abord les citoyens à formaliser leurs demandes, à inclure toutes les pièces nécessaires pour que leurs recours soient complets et qu’ils ne soient pas rejetés dès cette première étape. Par cet appui purement formel, nous faisons gagner du temps à tout le monde : nous n’intervenons pas sur les questions juridiques mais nous permettons au débat de se concentrer sur le fond. Et lorsque c’est possible, nous suggérons la médiation, moins longue et parfois plus adaptée qu’un procès. Au cours de l’instruction et jusqu’à l’audience, les greffiers font vivre le principe du contradictoire : ils appuient les magistrats pour assurer la circulation des arguments entre les citoyens et les administrations mises en cause. Enfin, nous jouons un rôle d’information essentiel pour les citoyens : à l’issue d’un jugement, nous leur indiquons comment contester la décision s’ils l’estiment injuste.

Qui adopte la réglementation ?

Le Président de la République, le Gouvernement.

Les décrets, qui sont les actes les plus importants, sont signés par le Président de la République ou par le Premier ministre. Les arrêtés sont signés par les ministres dans leur champ de compétence.

Il existe aussi des réglementations locales, adoptées par les préfets ou par les élus locaux.

Comment est fabriquée la réglementation ?

Les décrets les plus importants sont examinés par le Conseil d’État. Comme pour les projets de loi, le Conseil d’État rend un avis juridique au Gouvernement. Il propose des modifications pour que les futurs décrets respectent le droit, qu’ils soient compréhensibles, applicables et cohérents avec les lois et les autres réglementations.

Le Gouvernement prend environ 2 000 décrets réglementaires par an, dont 1/3 est examiné par le Conseil d’État.

Qui vote les lois ?

Les députés et sénateurs. 

Comment sont fabriquées les lois ?

 Les députés et sénateurs débattent et votent la loi, sur la base de :

projets du Gouvernement, soumis obligatoirement au Conseil d’État pour avis,

propositions de parlementaires, examinées par le Conseil d’État si les présidents de l’Assemblée nationale ou du Sénat en ont fait la demande.

Il y a environ 50 lois votées par an. Les 2/3 le sont sur la base de projets de loi du Gouvernement, 1/3 sur la base de propositions de loi de députés et de sénateurs.

Découvrez le parcours d’une loi en 5 étapes !

Qui élabore le droit européen ?

Le droit européen est adopté par le Parlement européen, composé des députés européens élus par tous les habitants de l’Union européenne, et par le Conseil de l’Union européenne, qui regroupe les ministres des différents pays membres. 

Comment est fabriqué le droit européen ?

Les directives et règlements sont adoptés par le Parlement européen et le Conseil de l’Union, à partir de propositions de la Commission européenne. Il y a environ 25 réglements et 60 directives adoptés par an.

Qui a adopté la Constitution ?

Elle a été adoptée en 1958 par les Français par un référendum.

Comment est fabriquée la Constitution ?

Parce qu’elle établit les grands principes d’organisation du pays, la Constitution n’a pas vocation à être modifiée très régulièrement. Depuis 1958, elle a été modifiée à 24 reprises. Elle peut être modifiée à l’initiative du Président de la République ou des parlementaires.

• Le Président de la République peut proposer une modification de la Constitution : elle devra être adoptée par lAssemblée nationale et le Sénat puis approuvée par les Français par référendum ou par les trois cinquièmes des députés et sénateurs.

• Si la proposition de modification de la Constitution provient du Parlement, celle-ci ne pourra être adoptée que par référendum.